Indice de réparabilité : une opportunité pour les commerces du numérique

Articles | May 24, 2021

Indice de réparabilité : une opportunité pour les commerces du numérique

Entré en vigueur le 1er janvier 2021, l’indice de réparabilité reste mal connu des Français. Pour remédier à cela, le gouvernement a lancé une campagne de communication. L’indice de réparabilité peut représenter une opportunité pour les consommateurs et la transition numérique, au point que certains commerçants misent sur ce développement circulaire pour se développer. C’est notamment l’avis d’Hubside.Store, concept dédié à la vente d’objets multimédias neufs et reconditionnés.

L’indice de réparabilité, de moins en moins méconnu

Aujourd’hui, seuls 40% des objets électriques hors d’usage sont confiés à un réparateur. Le gouvernement entend bien porter cette part à 60% d’ici cinq ans, en s’appuyant notamment sur l’indice de réparabilité. Mis en service au 1er janvier 2021, l’indice de réparabilité demeure mal connu selon le gouvernement, qui a lancé le 17 mai dernier une campagne de communication pour remédier à cela. “C’est une campagne faite notamment pour toucher un public assez jeune qui utilise beaucoup les smartphones et les ordinateurs” explique une source proche du dossier. Selon un sondage OpinionWay pour Samsung, “71% des Français ont déjà entendu parler de l’indice de réparabilité, qu’ils perçoivent comme une initiative positive et utile pour les fabricants comme pour les consommateurs.”

Un avis positif des Français donc, qui sont par ailleurs 70% à être attentifs à l’indice de réparabilité selon un sondage Hubside.Store YouGov. Au point de transformer cet avis favorable en démarche de consommation? Pour Marie Hervier-Collas, ingénieure à l’ADEME et spécialiste des questions d’économie circulaire, “Depuis quelques années, les consommateurs sont davantage attentifs à la réparation, à la fois pour des raisons de pouvoir d’achat et par rejet du modèle de consommation du tout jetable”. Une attention accrue à ces questions d’économie circulaire, qui pousse les entreprises à s’adapter à cette nouvelle tendance qui s’annonce durable avec la mise en place de l’indice de réparabilité.

L’avis d’Hubside.Store : miser sur la réparabilité pour se développer

Un avis partagé par Hubside.Store, réseau d’enseignes en propre et en franchise dédiée aux nouveaux usages du numérique, qui propose un choix complet d’objets multimédias neufs et reconditionnés. Fondée à Romans sur Isère, l’entreprise a choisi dès sa création de faire le choix de la réparabilité. Notamment en développant en interne son propre centre de réparation en France. Un aspect stratégique, à l’heure où de nombreux produits reconditionnés le sont à l’étranger. Et un modèle qui profite à Hubside.Store, qui continue son développement sur cette lancée et vise 100 points de vente d’ici la fin de l’année.

La mise en place de l’indice de réparabilité, progressive jusqu’en 2022, devrait pérenniser le rôle de ces entreprises qui ont fait le choix de la réparabilité. Guy Pezaku, 28 ans, a fondé en 2018 Murphy, une entreprise de réparation. Selon lui, l’effondrement des prix de l’électroménager a entraîné une plus grande hésitation à faire appel à des réparateurs. Et de fait, les emplois dans le secteur se sont effondrés. “De nombreux réparateurs ont fermé boutique depuis une vingtaine d’années car il n’y avait plus assez de travail” estime Guy Pezaku. Chez Murphy, on partage l’avis d’Hubside.Store à propos du reconditionné : si les demandes de dépannage ralentissent, les techniciens reconditionnent du matériel qu’ils vendent ensuite d’occasion. Là aussi la stratégie s’avère payante : aujourd’hui Murphy est présent dans une dizaine de ville, et espère doubler son nombre de salariés d’ici la fin de l’année.

Un cercle vertueux pour les entreprises

Avec la mise en place de l’indice de réparabilité et l’engouement des Français pour cette pratique, les entreprises auraient donc tout intérêt à se tourner durablement vers la réparation et le recyclage. Des acteurs de taille plus importante s’y mettent déjà. A l’instar de Fnac-Darty, qui a lancé en 2019 l’abonnement Darty-Max. Pour 9,99€ par mois, les appareils électroménagers sont couverts par une garantie de réparation tant que les pièces détachées sont disponibles. Régis Koenig, directeur de l’offre service et durabilité du groupe, précise : “Nous avons l’ambition de passer de 200 000 abonnés aujourd’hui à 2 millions d’ici à 2025“, notamment en étendant l’offre au petit électroménager, et en mettant l’accent sur les services. Un avis que partage Hubside.Store, pour qui la qualité des services proposés en lien avec le digital est au cœur de l’offre de de l’entreprise.

Pour que la réparabilité des objets devienne maintenant réalité, il n’y a plus qu’à combler le déficit de main d’œuvre, principal frein aujourd’hui. “Il faudrait plus de 20 000 techniciens pour prendre en charge les quelque 20 millions d’appareils électroménagers jetés chaque année en France alors qu’ils sont réparables. Or il y a moins de 5 000 électrotechniciens en activité et beaucoup de compétences se sont perdues. C’est pourquoi nous venons de lancer notre propre centre de formation qui va enseigner ce savoir-faire, en six mois, à une centaine de personnes d’ici à la fin de l’année.” rappelle Romain Martin, co-fondateur de Murphy. La crise sanitaire n’a pas fait changer d’avis les entreprises du secteur, toujours à la recherche de main d’œuvre.



Ces articles pourraient vous intéresser

Revenir sur la Publication précédente

Continuer vers la Publication suivante